Tranports sous l’Occupation: 4 témoignages (3)

Hervé Joly a publié aux éditions Droz, en ce mois de mai 2026, un très plaisant ouvrage, Se déplacer malgré tout, Transports et mobilités dans la France occupée (1940-1944). Cette lecture m’a donné l’idée de rajouter mon grain de sel avec quelques histoires de transports qui me tiennent à coeur.

3.

Bribes du journal de Perlette (mai 1944-mars 1945)

Perlette est ma mère. Je n’étais pas né lorsqu’elle a tenu un journal, au sens littéral du terme, il y a une entrée pour chaque jour, du 28 mai 1944 au 9 mars 1945, peu avant le retour de mon père, prisonnier en Allemagne. Pendant cette période, elle vit avec ses deux enfants Claudette et Bernard dans la maison familiale, à Lépin sur les bords du lac D’Aiguebelette. De ce journal (édité en 2025), j’ai extrait tout ce qui avait un rapport à ses transports, beaucoup de bicyclette, bien sûr, mais aussi de la barque pour aller à l’autre bout du lac, le train, quand la ligne n’était pas coupée et même le ski durant l’hiver 1945 très enneigé…

Gonzague, le mari de Perlette est officier, il a été fait prisonnier dés les premiers jours de l’offensive allemande de mai 1940, alors que Perlette et ses enfants séjournaient dans la vallée du Rhône, à Bourg-Saint-Andéol, chez les parents de Perlette. Ce n’est que le 29 juin qu’elle apprend que son mari est prisonnier et n’a donc pas été tué. Finalement elle prendra la route le 17 juillet avec Claudette qui n’a pas encore 3 ans et Bernard qui a presque 2 ans pour rejoindre la maison familiale de Lépin, en Savoie, d’où est originaire Gonzague. Elle peut arriver à Lépin sans avoir à emprunter les ponts sur l’Isère qui sont tous coupés. Avec la pénurie de carburant qui va durer 5 ans, elle doit mettre sa voiture au garage pour un long hibernage et se reconvertir à la bicyclette. Le train entre Lépin et Chambéry est également coupé. C’est donc à pied ou à Vélo qu’elle doit emprunter le tunnel du chemin de fer pour traverser la chaine de l’Épine et aller à Chambéry (environ 15 km). En 1941, le train de Lyon arrive à Lépin mais ne traverse toujours pas le tunnel qui ne sera rétabli qu’au printemps 1942.

Tunnel SNCF
Carte 1950 – La route qui va du port d’Aiguebelette à La Combe n’existait pas en 1944

Lépin 29 Mai 1944 A quoi ne pense-t-on pas pendant cette terrible montée de la Bridoire ? Le soleil tape – la bicyclette que l’on tire est lourde des légumes – plants – provisions diverses achetés au marché du Pont [Pont-de-Beauvoisin]. On grignote des cerises, pour faire trouver le temps moins long. Et cela me fait mesurer la progression de nos misères. En 40-41, j’achetais à la Bridoire un paquet de petits-beurre – toujours pour la montée – en 42-43, je me contentais d’un gros morceau de pain bien frais acheté à la boulangerie d’en bas. Hélas, même plus cette ressource – le pain manque partout – bien heureux si l’on en trouve sa ration de la journée à la boulangerie à laquelle on est inscrit. Merci, mon Dieu, de nous laisser les cerises et les 26F pour en acheter un kilo. J’évoque une des premières fois que je passais sur cette route en décembre 38, par un terrible verglas. Nous revenions en auto d’un élégant déjeuner à St Béron et étions affolés à l’idée que nos petits souliers et nos bas de soie pourraient subir l’épreuve de quelques kilomètres dans la neige ! Que de chemin parcouru depuis ! Une bande de jouvencelles, jupes fleuries et cheveux au vent dévale à toute allure. Subitement, j’ai l’envie de l’une de ces jupes paysannes et je calcule dans ma tête la transformation d’une robe de gala que je ne mets plus jamais – la robe du goûter de fiançailles 8 ans bientôt ! Eh oui ! Je pense à tout cela, alors que Chambéry fume sur ses décombres et enterre ses morts [200 morts à la suite du bombardement américain du 26 août 1944 autour de la gare de Chambéry]. Il faut, bien humblement reconnaître son éternelle futilité, son éternel besoin de vivre. Voilà notre beau lac – d’un si beau vert à l’endroit du passage à niveau. Et le dernier coup dur de la montée du pré – 40 mètres avant l’arrivée, la peur subite : que va-t-on m’annoncer comme catastrophe ? Quelle bêtise auront fait les enfants, la nouvelle bonne de 14 ans ? Non, tout va bien ! […

Mercredi 31 mai Je vais porter mon cuivre à St Alban. Pittoresque chargement de vieux lustres, bougeoirs, lampes et casseroles sur ma bicyclette [La propagande gouvernementale incitait la population à apporter des métaux non-ferreux à des centres « impôt-métal ». Une partie de ces métaux servait à l’agriculture (sulphate de cuivre), mais une grande partie était vendue aux Allemands. C’est pourquoi la propagande gaulliste déconseillait de porter les métaux.]. C’est un vrai affichage d’opinions antigaullistes que je promène sur les routes du pays. J’ai pesé mes 15 kg taxés, mais à la mairie de St Alban, le préposé à la réquisition m’extirpe tant d’autres métaux non valables qu’il ne m’en reste plus que 8 de cuivre. Je suis la seule de tout le pays, je crois à être venue […]
11 juin Plusieurs événements nouveaux dans le pays : un pont a sauté vers Pressins, d’où suppression des trains. Le fruitier Vaquard a été visité par des bandits qui lui ont subtilisé non seulement tous ses stocks de beurre et de fromage, mais encore son auto et sa réserve d’essence. Inutile de dire qu’il n’a pas passé. Après le téléphone, les trains, le courrier, le pain… De quoi allons-nous manquer encore ? […]
Samedi 24 Juin […] Dans l’après-midi, grande expédition à la Génaz avec les enfants dont les pieds nus décidément endurcis affrontent sans réclamer 6 ou 7 kilomètres dans les cailloux […] Visite à une famille Vial inconnue mais qui nous reçoit avec une amabilité déconcertante et nous promet de nous faire porter 3 douzaines d’œufs au premier jour. Nous tapons encore à une 3e porte aussi accueillante et sympathique. Vive la Génaz, ses prés en pente, ses bois et son petit ruisseau au pied de la grande montagne. Nous rentrons à 6h, mais je trouve encore le temps d’aller aux commissions à Aiguebelette […]
Lundi 26 Juin Je ne suis pas en forme pour la course au Pont [14 km entre Lépin et Pont-de-Beauvoisin] – ou bien je vieillis car je trouves ces côtes de + en + pénibles. Course déprimante – ambiance catastrophée des magasins où l’on ne trouve plus rien parce que plus rien n’arrive. Je ramène cependant des cargaisons de choux et du pain d’épice à des prix de marché noir. Ne pas pouvoir avoir un bon morceau de pain à se mettre sous la dent !.. […]
Jeudi 29 Juin Je me suis décidée à retourner enfin à Chambéry avec Claudette. Le ciel nous a protégées – trains passant à la minute près – pas d’alerte – réussite dans les commissions. Nous prenons le train jusqu’à St Cassin [Saint-Cassin-la-cascade, gare située juste après le tunnel de la voie ferrée qui va à Chambéry] et de là filons en bicyclette avec arrêt à Cognin – beaucoup moins dévalisé que Chambéry pour l’alimentation. Ma fille est en joie. Je sens toujours une confiance plus grande – un vrai épanouissement quand je n’en emmène qu’un avec moi. Toutes deux en bicyclette nous allons à la découverte du pauvre Chambéry en ruines. Quel horrible spectacle – les maisons de 4 à 5 étages sectionnées laissant voir dans les intérieurs – des montagnes de pierres et de débris variés partout. On y trouve des pianos, des baignoires, de tout. Cela serre le cœur vraiment et cela sent encore la suie. […] Reprenons le train à Chambéry avec Mme Béchu. Simone et Bernard viennent à notre rencontre dans le bois […]
Lundi 3 JuilletJe prends le taureau par les cornes, me lève à 6 heures, et par un temps menaçant, pars en vélo en direction de la Cretaz [La Crête, sur la carte] pour tâcher de trouver du pain. Temps de chien toute la matinée et en plus je me perds à plusieurs reprises. Ce n’est qu’à 9h et demi que j’arrive toute mouillée chez les braves femmes Michelon – qui sont vraiment épatantes, la jeune surtout avec sa perpétuelle bonne humeur. Je bois un bon café crème avec deux tranches de pain et je repars après m’être jetée à leurs cou, munie de près de deux kilos de pain et de douze œufs. Je me reperds encore au retour mais cette fois c’est providentiel car je me trouve passer près de chez les Lardin chez qui je frappe encore et qui me reçoivent aussi bien avec un nouveau café crème. Ils me vendent tout un sac de blé, encore du pain et encore des œufs. Je reviens plus mouillée que jamais, avec un beau chargement, mais ravie et réconciliée avec l’humanité par l’intermédiaire de ces braves gens […]

Carte La Cretaz
En haut et à gauche, le hameau de La Crête


Vendredi 7 Juillet … le soir expédition lointaine à Nances par voies d’eau et de terre à seules fins d’échanger au moulin le blé de monsieur Tardieu contre de la farine. Ce temps magnifique nous aide en tout – nous prenons un bain à l’aller et au retour à St Alban et nous trouvons les Nançois tout à fait aimables. Quelle joie de rapporter ce précieux sac !

Vendredi 7 Juillet … le soir expédition lointaine à Nances par voies d’eau et de terre à seules fins d’échanger au moulin le blé de monsieur Tardieu contre de la farine. Ce temps magnifique nous aide en tout – nous prenons un bain à l’aller et au retour à St Alban et nous trouvons les Nançois tout à fait aimables. Quelle joie de rapporter ce précieux sac !

Mercredi 12 juillet […] Encore une soirée consacrée au ravitaillement – Je pars seule cette fois en vélo au-dessus de Saint Alban chez les Lardin qui me remplissent encore des sacs de blé – Puis je fais opérer la transformation en farine chez le meunier du hameau toujours aussi aimable. Toutes ces déambulations me font tourner autour du lac du côté que j’aime parce qu’il a pour fond la grande montagne et notre chère maison qui a si belle allure […]

Dimanche 16 juillet […] La ligne a encore sauté à St Cassin – plus un train ne passe.

Lundi 17 juillet […] Meilleure forme qu’hier. Je vais en bateau avec les petits jusqu’au Camp de la marine [Le Camp de la marine était une sorte de colonie de vacances pour le personnel ,de la Marine nationale] prendre des nouvelles du Commandant parti il y a quinze jours et dont on ne sait plus rien […]

Mercredi 19 juillet Je combine une course à Novalaise avec un bain à la plage de St Alban pour laquelle j’ai un faible. Pour ce, je pars première en bicyclette. Les enfants et Simone partent en bateau. A Novalaise, j’espérais trouver un ravitaillement meilleur et je rate tout. Mais je découvre la postière Mme Gay qui est bien la femme du camarade de Gonzague. Et nous parlons quelques instants de nos maris. Nous nous retrouvons à l’heure dite à la plage de St Alban. Bon bain suivi d’une ondée qui nous fait réfugier dans le bistro. Puis retour dans le bateau y compris la bicyclette. […]


Samedi 22 Juillet On a scié cette nuit sur la voix tout près de chez nous une demi-douzaine de poteaux télégraphiques. Malgré un temps bien pourri , je m’applique la course des Échelles [20 km aller, voir la carte ci-dessous] que je trouve si longue et si dure, mais qui est pleine de compensations : d’abord le paysage que je trouve chaque fois si imposant, puis la visite à la bonne vieille madame de Vaulserre, si vieille France. Puis un ravitaillement si magnifique et inespéré. Bref, je ne regrette pas mon effort et revient sous des torrents d’eau, avec un arrêt sous une grange et deux autres pour les œufs dans les fermes des Chapelles […]

carte Lepin - Les Echelles
Itinéraire Lépin- Les Échelles par les Gorges de Chailles, (2x 20 km sans le détour par Vaulserre)

Mercredi 26 Juillet Cette nuit vers une heure, deux explosions assez proches me font mal dormir. C’est la cabane des PTT à l’entrée du tunnel qui a sauté. La chaleur est un peu fatigante […]

Samedi 29 Juillet […] je pars à neuf heures et demie par un temps à souhait pour les Échelles [Voir la carte ci-dessus] – pas d’incident de route – toujours la même volupté sur le plateau de respirer un air plus pur et de découvrir ces belles montagnes de la Chartreuse. J’ai le temps de faire bien des courses puis excellent déjeuner chez ces braves Vaulserre. Après visite domiciliaire pour admirer tous les changements – réparations et nouvelles acquisitions – je me sauve vers quatre heure – tombe sur le maquis arrêté sur le bord de la route, armé jusqu’aux dents – mais qui ne me dit rien. Je me réextasie sur les gorges de Chaille, dégringole sur Saint Bèron et la Bridoire et arrive comme une fleur au goûter Vial […]

Dimanche 30 Juillet Un mal de crane tenace me fait passer une mauvaise journée. Nous allons malgré cela chez Michelon en bateau [Le lieudit Pointe Michelon n’était accessible qu’en bateau] et ne voyons que des gens qui ne pensent qu’a boulotter et à rire. Je suis écœurée. […]

Mardi 8 Août […] Sur ces entrefaites, sortant du tunnel m’arrivent Bernard et Robert Angleys. [ce sont des cousins âges de 27 et 20 ans] Je leur paye de la gnole et les invite pour demain soir[…]

Mercredi 9 Août Course au Pont de Beauvoisin, pleine de satisfaction – percepteurs – banque et différentes commissions. Au retour je fais un crochet par Domesssin […]

Vendredi 11 Août […] Grosse déception : Papa et maman renoncent à venir. Je serais donc seule tout l’été.

Samedi 12 Août Au courrier deux nouvelles lettres du Bourg montrant leur hésitation, leur désir de venir- mais les difficultés très sérieuses qui se hérissent sur leur chemin. […] A peine rentrés à la maison, nous entendons très près dans la direction de Lépin un crépitement de mitrailleuse. Qu’est-ce encore ? Magnifique soirée de si grand calme. Nous dinons face au beau lac.
Mercredi 16 Août A 2 heures du matin, la voiture amenant le corps du jeune Travers [René Travers, jeunes Lépinois, faisait partie d’un groupe FTP qui voulaient tendre une embuscade dans les gorges de Chailles aux Allemands qui évacuaient Chambéry] vient tourner dans l’avenue, tout phares allumés. Mon sommeil léger en est interrompu et j’avoue en avoir eu une belle peur ! Quelques moments après une explosion lointaine -c’est la route de la Bridoire qui a sauté […] Les FFI sont arrêtés au Gué des Planches – visitant les papiers des passants masculins. Au milieu de toutes ces perturbations, comment expliquer qu’il arrive à la ferme un camion de Chambéry porteur des lames de paquets tant désirés ?! […] On me déconseille de passer le tunnel demain – le maquis ayant prévenu qu’il allait y avoir encore du grabuge.

[Les journées autour du 15 août sont riches d’informations concernant les évènements tragiques de l’embuscade des gorges de Chaille, le maquis d’Aiguebelette etc…, mais ce n’est pas ici notre sujet]


Mardi 22 Août […] Cette journée pleine de satisfaction est gâtée par le bruit presque ininterrompu du canon qui fait trembler portes et fenêtres entre trois et six heures. Ce doit être Grenoble ou la vallée du Rhône. Il se dit aussi qu’on se bat à Chambéry et Cognin. D’autre part les ang-americ avancent en Provence -Route des Alpes et Vallée du Rhône. Ils sont à Aix. […] Après huit jours d’arrêt, je reçois au courrier Enfin à 7 heures du soir, une auto s’amène bride abattue dans l’allée. Tandis que j’écoute Londres devant les fenêtres de la salle à manger en épluchant des pommes, quatre types du maquis – dont deux descendent et s’approchent de moi : nous voulons voir le propriétaire du Château. […] Finalement, ils n’en veulent pas [des canardières qu’ils étaient venus chercher], et repartent très correctement. Surexcitation des enfants et un peu d’émoi dans le quartier. Plus de peur que de mal. Il fallait bien que nous les voyions un jour ou l’autre.

Jeudi 31 Août Après des orages affreux toute la nuit, pannes d’électricité et toute la clique – nous nous levons dans le noir avec Cloclo et partons au petit jour pour notre expédition Chambéry et le Bourget. Le Passage du tunnel est toujours quelque chose de scabreux avec un éclairage insuffisant. Enfin on s’en tire non sans émotion. Le temps est douteux. Court arrêt à Chambéry- petit déjeuner […] Sans nous attarder nous continuons sur le Bourget, trouvons sans difficulté Xavier et Ivan [des cousins germains de l’age de Claudette] dans leur colonie remarquablement organisée. […] Nous les ramenons vers deux heures -et retournons péniblement par temps chaud et lourd et vent dans le nez – beaucoup plus dur qu’à l’aller – nouvel arrêt à Chambéry- puis dernière étape, la plus dure, pour Saint Cassin. Nous sommes toutes les deux réalisées. La fraîcheur du tunnel nous fait du bien – mais que l’obscurité est dure à percer avec une pauvre dynamo de bicyclette ! heureusement un autre passager nous dépanne. Nous sommes chez nous à 6 heures – heureuses mais vannées […]

Dimanche 3 septembre […]Ce soir, petit goûter chez Mousse Dumas. J’ai la tête vide en écoutant toutes les conversations intéressantes pourtant – Mousse racontant ses 53 km à pied et mouvements pour venir de Lyon […]

Lundi 11 septembre Pas une minute pour souffler. Départ à 8 heures pour Pont de Beauvoisin. […] Grande animation à Pont entre un marché assez bruyant, un départ de jeunes volontaires de tout le pays – et des passages de français marocains. Je fais bien mes courses et rentre pour midi. […]

Vendredi 29 septembre Laissant Simone et Cloclo au soin de leur bons anges, nous partons Bernard et moi et notre baluchon pour notre escapade opératoire au Pont. Cette fois le temps nous sourit et comme nous avons bien le temps, nous passons par Saint Béron et faisons une bonne visite aux de Vaux[…] et c’est très joyeusement que nous reprenons le chemin de Pt-de-Bin – prenons possession de notre chambre à l’hôtel Rostang[…]

Samedi 30 septembre Lever dès l’aube par un rude froid. Bernard bien raisonnable me regarde avaler toute seule mon p.d.d.m. [Petit Déjeuner Du Matin]– puis nous allons à l’hôpital où nous attendons fort peu. On vient chercher Bernard […] Nous attendons ensemble que l’auto Grimonet [Un commerçant de Lépin qui fait plus ou moins taxi] vienne nous chercher […]

Dimanche 12 novembre […] Apprend avec joie l’instauration d’un train commode pour Chambéry le samedi. Ce pays va finir par devenir très confortable.

Samedi 18 novembre Cette fois, je ne rate pas le précieux train de samedi. Tout Lépin et tout Aiguebelette se retrouvent sérieusement empilés dans ces deux pauvres wagons lamentables, mais on arrive… Et il est fort confortable de pouvoir faire ses commissions sans se bousculer et de les ramener ni sur son dos ni sur son porte-bagage. Aperçois très courtement Ginette.[…]

Vendredi 15 décembre […] A peine de retour ici, bien équipée contre le gel qui est fort, m’embarque en vélo pour Chambéry et Bassens – Tunnel et le reste sans incident […]

Jeudi 4 janvier J’essaye le train de l’après-midi pour aller faire du ravitaillement au Pont de Beauvoisin. C’est assez sportif – il faut se geler dans cet horrible tacot deux bonnes heures jusqu’à ce qu’il vous dépose au Bonnard, en pleine campagne à 2h du Pont – on bondit sur son vélo – route glacée – et on a 20 minutes pour aller faire ses courses et l’aller et retour. J’y arrive de justesse ramenant à toute pompe 14 kgs d’ognons et de raves. […]

Samedi 6 janvier Je vais avec Claudette à Chambéry – équipées comme des esquimaux – malgré le froid, agréable voyage avec Yvonne de Vaux et ses filles retrouvées dans le train. A Chambéry, nous courons comme des rats à la recherche de mille choses plus ou moins trouvables – la plus importante est 2 paires de skis pour les enfants […]

Dimanche 7 janvier Je descend à la messe en ski – belle glissade dans le pré, eau bénite à Melle Guicherd. Les enfants font leurs premières armes en ski – pas trop difficultueux. […]

Voir aussi:

Les Chambost à Lépin