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mise à jour février 2026

L’auteur de ce site, Emmanuel de Chambost, en 2024, contemple une image de sa jeunesse en 1992

Emmanuel de CHAMBOST (EdC), né en 1948, ingénieur en activité jusqu’en 2009, amateur d’histoire zélé depuis 1995. j’ai créé ce site après avoir publié, en 1997, le livre La direction du PCF dans la clandestinité (1941-44). Par la suite, j’ai rajouté d’autres pages, au gré de mes investigations, certaines, ponctuelles, et d’autres liées à des projets éditoriaux. N’hésitez pas à m’écrire:

Parcours

Couverture cyclistes du Hurepoix

Je suis entré dans l’histoire en 1995 à la faveur de 3 semaines de convalescence consécutives à une intervention chirurgicale. Le temps dont j’ai pu disposer à cette occasion m’a permis de démarrer mon enquête sur ce qui devint La direction du PCF dans la clandestinité (1941-1944), avec des illustrations de Vanessa Pinheiro. Le livre fut finalement publié par L’Harmattan en 1997. C’est une époque où Internet existait en théorie, mais sans aucun contenu. Par contre, j’ai bénéficié, à proximité (en voiture) de mon lieu de travail, de ce que l’on appelait alors la BDIC de Nanterre, devenue La Contemporaine. Il fallait remettre à l’éditeur un « prêt à clicher », que j’ai réalisé en faisant la mise en page avec AMI PRO, traitement de texte de Lotus dont j’étais adepte, impression du texte à la maison en laissant du blanc pour les illustrations, collées à la main

Inutile de préciser que ce très modeste travail d’investigation historique mené en plus de ma vie professionnelle et de ma vie familiale m’avait épuisé et que je n’étais pas prêt à me relancer dans un tel chantier. Dans les années qui suivirent, je m’investis davantage dans la vie associative humanitaire. A la fin du XXeme siècle les associations commençaient à se doter de sites internet. Une de mes amies, Marie, s’était lancée dans la création d’un site pour notre association. C’est elle qui m’initia à la création d’un site. A cette époque, la suite bureautique de Microsoft comprenait un éditeur de pages HTML du nom de Frontpage, et c’est donc avec Frontpage que j’ai créé un site pour populariser le livre que j’avais écrit. En parallèle, je maintenais une activité historienne de veille en participant à des forums, usenet d’abord puis ensuite un truc qui s’appelait histoforum, je crois bien. A partir de 2005, j’ai également contribué à beaucoup d’articles de wikipedia.

Histoire de Cameca

2009 fut l’année de mon départ à la retraite. Dans les dernières années de ma « vie active », j’avais accumulé un certain nombre de données sur l’histoire de l’entreprise dans laquelle je travaillais et je profitais de cette période charnière où j’avais encore accès aux archives de l’entreprise mais où j’avais déjà un pied dehors pour écrire en toute indépendance un livre sans doute un peu subjectif mais que je m’efforçais de rendre rigoureux qui ne s’inscrivait en aucune façon dans le cadre de la communication de l’entreprise. Comme je connaissais bien le marché essentiellement composé du personnel et des clients, j’optais pour la formule de l’autoédition. Le livre était écrit en Français, mais Academic Press m’en commanda une version anglaise résumée qui faisait moins de 120 pages. J’avais pris du plaisir à écrire une histoire d’entreprise, au croisement de l’histoire économique, de l’histoire des techniques et de l’histoire sociale.

Ayant eu la chance de pourvoir partir à la retraite avec seulement 40 annuités de cotisations, c’était la règle à l’époque, j’avais encore un peu d’énergie et beaucoup de disponibilité pour me lancer dans un projet qui relevait à la fois de l’histoire des entreprises et de l’histoire des années 1939-1945, Il s’agissait de l’histoire de la Compagnie générale de Télégraphie sans fil (CSF), une holding dont le navire amiral était la Société française de radioélectricité (SFR) et une autre filiale était Radio-cinéma qui deviendra Cameca. La CSF se regroupa ultérieurement avec Thomson pour donner Thomson-CSF qui prit le nom de Thales au XXIeme siècle. En 2010, je dus d’abord régler un problème technique très terre à terre.

En septembre 2010, je m’aperçus que je ne pouvais plus mettre à jour mon site par la procédure habituelle. En fait, je n’avais pas jugé nécessaire de prendre un nom de domaine et l’adresse URL était http://edechambost.ifrance.com/. J’étais donc hébergé chez un machin qui s’appelait ifrance qui avait du être racheté par un plus gros, lui-même racheté par un encore plus gros, des gens avaient quitté l’entreprise et sans doute, plus personne ne savait qu’il y avait une activité hébergement de site. Échaudé, je dus donc créer un nom de domaine et je trouvais un hébergeur qui s’appelait Free-H auquel je versais 2 Euros tous les six mois, ce qui était dans les moyens d’un ingénieur retraité qui avait fait valider ses quarante années de cotisations. Revenons à l’histoire de la CSF sous l’occupation, c’était une sorte de thèse de retraité, mais je ne jugeais pas opportun d’encombrer les circuits administratifs de l’Université, et je trouvais en la personne d’Hervé Joly, directeur de recherches au CNRS un « coach » remarquablement compétent qui sut m’écouter et me guider d’abord pour localiser des archives pertinentes disséminées un peu partout sur le sol français. Ainsi, pendant deux ans, j’ai brassé des archives dégotées aux quatre coins de la France, ce que je n’avais pas pu faire dans les années 1990 à cause de mes obligations professionnelles et familiales. J’avais proposé à L’Harmattan un projet de 500 pages. L’éditeur accepta, sous réserve toutefois que j’en fasse une mouture de 250 pages. Je pris alors le parti de déporter sur mon site internet un certain nombre de sujets périphériques qui bénéficièrent ainsi d’une visibilité bien supérieure à celle du corps de l’ouvrage.

A partir de 2015, je me suis aussi investi dans l’histoire locale, plus précisément celle du lac d’Aiguebelette d’où je suis originaire. Mon point d’entrée fut l’archéologie subaquatique qui avait révélé l’existence de sites palafittiques, jadis appelées cités lacustres, dont les vestiges avaient été sauvegardées pendant 5000 ans par les eaux du lac. Un certain nombre de pages de mon « site » explorent l’histoire de ce « site » remarquable qu’est le lac d’Aiguebelette. En plus des pages internet, j’ai également produit, en 2016, un petit opuscule d’histoire familiale co-écrit avec ma sœur Marie. Les Chambost à Lépin résultaient de l’exploitation d’archives familiales déjà versées aux archives départementales ou pas encore versées.

L’amitié et la fidélité me conduisirent vers un autre projet de micro-histoire,en Asie, cette fois-ci, plus précisément au Laos, dans la Plaine des Jarres, au début des années 1960, après que le capitaine neutraliste Kong-le ait quitté Vientiane pour faire la jonction avec les communistes du Pathet-Lao dans la région de Xieng-Khouang. Je m’intéressais aux parcours d’un certain nombre de collégiens de l’ethnie Khmou qui durent quitter Xieng-Khouang et errer plusieurs années durant, de maquis en maquis, avant que certains d’entre eux ne reprennent leurs études. J’en connaissais quelques-uns émigrés en France. Il y avait un tel écart entre ce qu’ils avaient vécu ces années-là et ce que vivaient leurs enfants nés et élevés en France qu’ils avaient été incapables de raconter à ces derniers les péripéties de leur Odyssée, et moi-même, je les avais côtoyés sans rien connaitre de ce passé.

Depuis 2014, mon site internet se faisait l’écho de la polémique qui suivit la publication en 2012 du livre d’Alain Michel Vichy et la Shoah. J’avais mis en ligne en 2007 quelques pages critiques sur Paxton, remarquées par Alain Michel avec qui j’étais en contact depuis 2010. Alain Michel avait attiré mon attention que le fait qu’en ce qui concernait la complicité de Vichy dans l’accomplissement de la Shoah, la doxa paxtonienne avait été remplacée par une doxa Klarsfeldo-paxtonienne qui, en gros, mettait l’ensemble des Français dans le camp du bien pour mieux reléguer Vichy dans le camp du mal. Lorsque Zemmour publia en 2014 un best-seller, Le Suicide français, qui montait en épingle le livre d’Alain Michel, Le Monde publia le même jour des tribunes de Paxton et de Klarsfeld qui lançaient le départ d’une croisade contre Zemmour en prenant bien soin d’éviter un quelconque débat historique avec Alain Michel.

Jean-Marc Berlière avec lequel j’étais en contact depuis le début des années 2000, toujours grâce à mon site internet, s’était rangé aux côtés d’Alain Michel, notamment dans les chapitres consacrés à la répression raciale, dans son opus magnus Polices des temps noirs publié en 2018 : Vichy, régime collaborateur et antisémite a été complice dans la livraison de juifs étrangers, mais n’aurait-il pas aussi contribuer à limiter les dégâts ? Ce soutien d’un historien renommé à un autre historien moins connu déclencha la mise en place d’une sorte de cordon sanitaire menée par Laurent Joly qui dénonça dans la Revue d’histoire de la Shoah (RHSHO) rien moins qu’une «école révisionniste». Sous prétexte de contrer Zemmour, les historiens étaient convoqués par les média pour abjurer le mal et assurer, par exemple que «Vichy n’avait pas protégé les Juifs français». Dans ce contexte, je fus amené à co-signer avec Jean-Marc Berlière et René Fiévet un ouvrage polémique, Histoire d’une falsification. Une nouvelle fois, c’est au travers du site internet que j’avais rencontré René Fiévet. Je précise que dans cette aventure, c’est Berlière, l’historien professionnel qui s’exposait et il s’exposait doublement, en refusant de dénoncer Vichy comme le mal absolu et en faisant équipe avec deux amateurs. Un auteur doit être loyal avec son éditeur, L’Artilleur en l’occurrence et en gros nous n’avons pas à nous plaindre de ses services, mais si nous avions su que l’Artilleur faisait son beurre avec le climatoscepticisme, nous aurions peut-être frapper à une autre porte. Ceci étant dit, je trouve très bien que les climatosceptiques, qui sont mes adversaires, puissent s’exprimer.

Mon hébergeur qui s’appelait Free-H était devenu Inulogic, mais je m’étais aperçu que sous l’une ou l’autre des deux appellations, un seul être humain se manifestait en cas de problème, un certain Gurvan qui répondait au travers d’un système de jetons et puis, en mai 2024, je dus bien me rendre à l’évidence, Gurvan avait disparu et mon hébergeur était comme un vaisseau fantôme qui ne tarda pas à couler corps et biens. Incident sans gravité puisqu’avec mon nom de domaine dûment enregistré, en 24 heures, j’ai pu trouver un autre hébergeur, cette fois-ci beaucoup plus gros, qui m’offrait plus de megaoctets pour quelques euros par an.

Depuis plusieurs années, je m’étais lancé dans un projet de micro-histoire locale auquel je consacrais une grande partie de mon temps, l’histoire d’un hameau, le hameau du Puits, sur la commune de Lépin, au bord du lac d’Aiguebelette, où je m’étais installé en 1984. Généalogies des familles, généalogies des parcelles, aller dénicher des histoires pour donner de la substance au squelette généalogique. Ce fut un parcours souvent aride, mais qui trouva en 2025 un aboutissement dans la publication d’un petit bouquin trouva un public, certes restreint mais enthousiaste. Dans le prologue de ce modeste ouvrage, j’écrivais: « Avant d’être historien, j’étais ingénieur, mon travail consistait à développer à développer des instruments pour répondre à une demande d’aller scruter la matière toujours plus finement […] Cette micro-histoire du Puits relève de la même ambition : tenter de reconstituer l’histoire de ce territoire en la scrutant à l’échelle atomique, c’est-à-dire à l’échelle de l’individu, de sa famille et de sa maison.« 

L’historien amateur jouit ainsi du privilège de faire des aller-retours entre la micro-histoire et la grande histoire, mais l’artisan-éditeur de site internet doit se frotter à des réalités plus terre à terre. Le 1er novembre 2025, j’ai constaté que Google, cette puissance qui gouverne notre monde, avait décidé, dans sa grande sagesse sans doute, de ne plus me référencer, de ne même plus m’indexer. Depuis, je me débats comme un beau diable pour m’extirper de ce gouffre de l’anonymat, une lutte pour la survie qui m’a notamment amené à refaire ma page « auteur ».

EdC, février 2026